Ayant marqué une étape essentielle dans la démocratisation de la République de Corée (du Sud), le
soulèvement populaire qui atteignit son point culminant en juin 1987 est également exemplaire de l'action coordonnée des forces démocratiques, jusqu'au rétablissement de l'élection du président
de la République au suffrage universel direct. Nous avons choisi de retenir sur la genèse et les principales phases de ce mouvement couronné de succès - à la différence
du soulèvement de Kwangju, en 1980, ou des manifestations contre la
reprise des importations de boeuf américain en 2008 - à partir de l'analyse de Seo Joong-seok, dans un ouvrage de référence sur
l'histoire récente de la Corée du Sud publié en plusieurs langues (coréen, anglais, japonais, allemand et français) par la Fondation coréenne pour la démocratie (Korea Democracy
Foundation. Celle-ci a été créée par une loi du 24 juillet 2001 pour transmettre l'esprit du mouvement démocratique et en commémorer les grandes dates.
Comme de nombreux mouvements démocratiques, le soulèvement de juin 1987 en Corée du Sud a été l'aboutissement de mouvements de contestation plus anciens, en réaction aux
mesures antidémocratiques adoptées par le régime militaire du général Chun Doo-hwan (à gauche, en 1985) dans la seconde moitié de l'année 1986.
Le point de départ a été la mort d'un étudiant à l'Université nationale de Séoul, Park Jeong-chol, le 14 janvier 1987, suite à des tortures à l'eau par les forces de police que cherchèrent à
dissimuler le gouvernement. Réclamant la vérité sur la mort de Park Jeong-chol, un comité spécial pour honorer la mémoire de ce martyr de la liberté a organisé le 3 mars une "Grande marche
pacifique nationale pour l'abolition de la torture et la démocratisation". La junte militaire se raidit en annonçant le 13 avril l'interdiction de toute discussion sur la révision de la
Constitution. Suite aux révélations apprises par un dissident politique emprirsonné, Yi Bu-yeong, le père Kim Seung-hun, de l'Association des prêtres catholiques pour la justice, annonça
publiquement le 18 mai l'implication de hauts responsables dans l'assassinat par torture de Park Jeong-chol, entraînant un profond remaniement ministériel et le limogeage du directeur de la
police nationale.
Le 27 mai était constitué le Quartier général du Mouvement national pour une constitution démocratique, à l'origine de la manifestation du 10 juin contre le meurtre de Park Jeong-chol
et les mensonges du gouvernement. Au signal lancé par le retentissement de la cloche de la cathédrale de l'Eglise anglicane de Corée, les automobilistes de Séoul se joignirent au mouvement de
protestation par un concert de klaxons, alors que les étudiants manifestaient sous les mots d'ordre d'abolition de la Constitution et de rejet de la dictature. La répression policière - il fut
procédé à 3.800 arrestations - amplifia la contestation : interdits, les sit-in se poursuivirent dans l'enceinte de la cathédrale de Myeongdong, où le cardinal et les prêtres firent barrage
à l'intrusion des forces de l'ordre. Les manifestations et les débats, quotidiens, eurent lieu à Séoul et en province, à l'appel notamment des associations d'étudiants, comme le Conseil des
représentants d'étudiants de l'agglomération de Séoul. Des manifestations furent organisées dans 59 universités le 15 juin, 65 universités le 16 juin, 70 universités le 17 juin, 79 universités le
19 juin.
Le 18 juin, à l'appel du Quartier général du Mouvement national pour une constitution démocratique, 1,5 million de personnes (selon les organisateurs) manifestèrent dans 16 villes
pour l'interdiction des gaz lacrymogènes, après l'émoi suscité par les images de Yi Han-yeol, étudiant tombé le visage en sang, le 9 juin, blessé par une grenade lacrymogène
(image ci-dessous). Les forces de l'ordre procédèrent à 1.487
nouvelles arrestations le 18 juin. Manquant de grenades lacrymogènes, les policiers affrontèrent les protestataires dans des corps à corps, avant de procéder à 3.467 arrestations. Des cocktails
Molotov avaient incendié ou endommagé deux commissariats, 29 postes de police et quatre permanences du parti au pouvoir, le Parti démocrate de la justice (PDJ).
Malgré les positions internes (minoritaires) des principales figures de l'opposition, Kim Young-sam et Kim Dae-jung,
appelant à ouvrir des négociations avec le gouvernement soupçonné de vouloir proclamer l'état d'urgence, le Quartier général du Mouvement national pour une constitution démocratique décida
d'appeler à la poursuite de la lutte, par l'organisation d'une marche le 26 juin, qui ajouta aux mots d'ordre "Abolition de la constitution scélérate !" et "A bas la dictature !" celui d'
"Election du président au suffrage direct !". La Grande marche pacifique du 26 juin fut la plus grande manifestation organisée simultanément dans toute l'histoire de la Corée du Sud, dans 33
villes et 4 communes rurales, avec la participation de 1,5 million de personnes selon les organisateurs (200.000 selon le pouvoir, relayé par les médias conservateurs comme le
quotidien Dong-a Ilbo).
Désemparé face à l'ampleur croissante des contestations, le pouvoir annonça par la voix de son candidat à l'élection présidentielle de décembre, Roh Tae-woo, la Déclaration du 29 juin, en 8
points, dont le rétablissement du suffrage universel direct pour l'élection du chef de l'Etat, l'amnistie de nombreux opposants politiques (dont Kim Dae-jung), des mesures en faveur de la liberté
de la presse et de la liberté d'action des partis politiques. Les funérailles immenses de Yi Han-yeol, décédé le 3 juillet des suites de ses blessures - qui réunirent 1 million de personnes à
Séoul, 500.000 à Kwangju et 300.000 à Pusan - indiquent que, sans les mesures d'apaisement du 29 juin, le régime militaire encourait le risque d'être balayé.
Ni les militaires au pouvoir, ni semble-t-il les Etats-Unis de Ronald Reagan, ne souhaitaient un bain de sang à la veille des Jeux olympiques de Séoul en 1988. Plus fondamentalement, le régime de
Chun Doo-hwan semblait confiant dans sa capacité à remporter l'élection présidentielle du fait de la division de l'opposition entre Kim Young-sam et Kim Dae-jung, ce qui fut effectivement le
cas. Mais un cap avait été franchi dans la démocratisation de la Corée du Sud : les acquis démocratiques de juin 1987 ne purent jamais être abolis.
Source : Seo Joong-seok, La Corée du Sud : 60 ans d'histoire contemporaine. Origines et étapes du mouvement démocratique, Fondation coréenne pour la démocratie, Séoul, 2007, pp.
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La découverte est d'une importance majeure pour l'histoire du Koguryo (37 avant J.-C. - 668) : si des sources écrites prouvaient l'extension du plus ancien royaume
coréen dans l'actuel extrême-orient russe, des preuves archéologiques ont montré pour la première fois que la culture du Koguryo s'est diffusée dans l'actuel territoire de Primorski, au-delà
du fleuve Tumen qui marque l'actuelle frontière entre la Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).
Le 8 juillet 1994, le Président Kim Il-sung décédait après avoir dirigé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pendant quarante-six ans, d'abord comme
Premier ministre (de 1948 à 1972), puis comme président. Au quinzième anniversaire de son décès, l'Association d'amitié franco-coréenne rappelle le parcours de ce grand acteur de l'histoire
du vingtième siècle.
Le 25 avril 1932, Kim Il-sung crée les forces permanentes de l’Armée de guérilla populaire antijaponaise, devenues par la suite l'Armée révolutionnaire populaire coréenne
(ARPC). Un des principaux faits d'armes de l'ARPC est, le 4 juin 1937, la bataille de Pochonbo (nord-est de la Corée). Poursuivis par l'armée japonaise, Kim Il-sung et ses partisans continuent la
lutte jusqu'en Mandchourie.
Quand la guerre de Corée -
En 1910, après cinq ans de "protectorat" japonais, la Corée est annexée par l'Empire du
Japon. Le Japon exerce alors une administration militaire qui se caractérise par un pillage économique et culturel de la Corée, accompagné d'une répression accrue. La colère et la rancoeur des
Coréens ainsi colonisés finit par éclater le 1er mars 1919.
Le soulèvement dure jusqu'à la fin de 1919, mobilisant des millions de Coréens. Sa répression par les
forces japonaises donne lieu à un véritable carnage, à l'exemple du massacre de la commune de Jeam. Le 15 avril 1919, le lieutenant Arida, du 79eme régiment de la 20eme
division de l'armée japonaise stationnée en Corée, arrive avec une dizaine de soldats dans la commune de Jeam, au sud de Séoul dans l'arrondissement de Suwon. Arida a pour mission de liquider la
résistance antijaponaise particulièrement active autour de Suwon. Prétextant une annonce à leur faire, il enferme les habitants de la commune dans une église avant d'ordonner
de tirer sur le bâtiment. Les gens qui essaient de s'échapper par les fenêtres sont achevés à coup de baïonettes. Les Japonais mettent ensuite le feu à l'édifice et aux maisons alentour.
Le 15 avril 1919, plus de 300 Coréens, hommes, femmes et enfants, trouvent ainsi la mort à Jeam.
Selon des statistiques partielles, le nombre de Coréens tués au cours des trois premiers mois du
Soulèvement du Premier Mars s'élève à 7.509, le nombre de blessés, à plus 15.000 et le nombre de prisonniers, à plus de 46.000. La plupart des blessés mourront et un grand nombre de détenus
seront exécutés.
Un des anarchistes coréens les plus connus est Kim Won-bong, né en
1898 à Milyang (au sud-est de la Corée), membre d'un groupe terroriste, la Euiyul Dan (Société des Braves), fondée en mai 1919 en Mandchourie et qui évolua du nationalisme à l'anarchisme.
Sous le nom de combattant de Kim Yak-san,
Le Président Kim
Il-sung a joué un rôle majeur dans l'histoire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), fondée il y a près de soixante ans le 9 septembre 1948, en
ayant exercé successivement les fonctions de chef du gouvernement, de 1948 à 1972, puis de Président de la République, à partir de 1972.
Si l'AAFC a choisi d'être,
en France, à l'origine de manifestations pour commémorer le soixantième anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le 9 septembre 1948,
c'est au regard du contexte dans lequel a été divisée la péninsule coréenne, et du rôle alors joué par le président du Sud, Syngman Rhee.
Dès l'accord signé, les partis
politiques de droite, conduits par Syngman Rhee et Kim Ku, s'opposèrent à l'accord de Moscou. Les partisans de Syngmann Rhee en donnèrent un "compte rendu déformé", en
mettant l'accent sur l'administration de la Corée par les puissances étrangères, et imputèrent cet accord à la volonté des Soviétiques, alors même que le trusteeship correspondait à la
position américaine. "En procédant ainsi [Syngman Rhee] espérait orienter le mouvement contre le trusteeship dans un sens anticommuniste et antisoviétique" (ibid., p. 270).
Soutenant Syngman Rhee, chef du gouverment coréen en exil pendant l'occupation japonaise, mais qui avait ensuite intégré dans ses propres rangs, dès 1945, nombre d'anciens collaborateurs des
Japonais, les Etats-Unis choisirent alors d'appuyer le mouvement d'opposition au trusteeship.
Pendant ce temps, les Etats-Unis
avaient transféré le traitement de la question coréenne à l'Organisation des Nations-Unies, alors dominée par les pays d'Europe occidentale et d'Amérique latine qui leur étaient favorables.
L'ONU décide l'organisation d'élections au Nord et au Sud de la péninsule, mais les autorités nord-coréennes refusèrent, en janvier, la supervision du processus électoral par l'ONU. Les
Nations-Unies décidèrent alors, en février, l'organisation d'élection séparées dans la seule moitié Sud. Toujours en février, à l'appel du Parti du travail de Corée du Sud, une grève
générale réunit 1,5 millions de travailleurs au Sud : 57 personnes furent tuées et 10.584 arrêtées.
Le 17 mai 1980, les militaires au pouvoir à Séoul
décidaient d'étendre l'état de siège à la province de Kwangju, bastion de l'opposition. Il s'ensuivit un mouvement de protestations, attisé par la mort de plusieurs personnes
tuées par l'armée lors des manifestations qui, dès le 18 mai, ont protesté contre la fermeture de l'université Jônnam.
