Dimanche 14 juin 2009
Après l'adoption de la résolution 1874 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publié le 13 juin 2009 le communiqué suivant où est réaffirmée la volonté de renforcer la force de dissuasion du pays.

"Le 12 juin, à l'instigation des Etats-Unis, le Conseil de sécurité des Nations Unies a finalement adopté une 'résolution sur les sanctions' à l'encontre de la République populaire démocratique de Corée suite à son second essai nucléaire.

"Il s'agit d'un autre résultat méprisable de l'offensive menée par les Etats-Unis visant à exercer une pression internationale pour détruire l'idéologie de la République populaire démocratique de Corée et le système choisi par son peuple en désarmant la République populaire démocratique de Corée et en étranglant son économie. 

"Les Etats-Unis et le Japon, non contents de cette 'résolution', complotent grossièrement pour ajouter leurs propres 'sanctions' à celles qui existent contre la République populaire démocratique de Corée en montant des histoires fictives de 'fausse monnaie' et de 'trafic de drogue'.

"Les Etats-Unis ont incité le Conseil de sécurité des Nations Unies à s'engager davantage dans leurs tentatives d'étouffement de la République populaire démocratique de Corée, lesquelles ont abouti à créer une grave tension sans précédent dans la péninsule coréenne. Cette situation de confrontation a été déclenchée par les actions brutales et illégales des Etats-Unis et du Conseil de sécurité des Nations Unies à leurs ordres niant le droit légitimed'un Etat souverain à lancer des satellites.

"La 'déclaration présidentielle' du Conseil de sécurité des Nations Unies du 14 avril, orchestrée par les Etats-Unis, ne repose sur rien au regard du droit international. Ce qui imprègne cette déclaration n'est rien d'autre que l'animosité et le rejet d'un pays qui a un système différent du leur, et l'opinion arrogante et arbitraire qu'un petit pays doit obéir à un grand. La République populaire démocratique de Corée est un petit pays, mais c'est une puissance politique, idéologique et militaire.

"Si cet acte hautement autoritaire des Etats-Unis est toléré, la République populaire démocratique de Corée ne sera plus en droit de lancer des satellites - ce qu e tous les autres font - et sera à jamais privée de son droit à utiliser l'espace extra-atmosphérique.

"Le deuxième essai nucléaire de la République populaire démocratique de Corée est une mesure de légitime défense, en ce qu'il a été mené pour faire face à de tels actes hostiles de la part des Etats-Unis, et ne contrevient à aucune loi internationale.

"Par essence, cet affrontement est une question liée à la souveraineté et à la dignité de la République populaire démocratique de Corée, plutôt qu'une question liée à la paix et à la sécurité - c'est l'affrontement entre la République populaire démocratique de Corée et les Etats-Unis.

"Il ne peut pas y avoir de véritable paix en l'absence d'indépendance et d'égalité. Tout autre pays se trouvant dans la situation de la République populaire démocratique de Corée réaliserait clairement que la
République populaire démocratique de Corée n'a jamais choisi de se doter de l'arme nucléaire mais y a été contrainte face à la politique hostile des Etats-Unis et à leurs menaces nucléaires.

"Pour la République populaire démocratique de Corée, il est devenu absolument impossible de seulement penser à abandonner ses armes nucléaires. Il est indifférent à la République populaire démocratique de Corée que son statut de puissance nucléaire soit reconnu ou non.

"En vertu de ses pouvoirs, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée condamne fermement et rejette la 'résolution 1874' du Conseil de sécurité des Nations Unies et déclare qu'il prendra les mesures suivantes dans le cadre de cette première phase de confrontation totale avec les Etats-Unis afin de défendre la dignité de la nation et la souveraineté du pays.

"Premièrement : tout le plutonium nouvellement extrait sera utilisé à des fins militaires. Plus d'un tiers des barres de combustible usagé ont été retraitées à ce jour.

"Deuxièmement : le processus d'enrichissement de l'uranium va commencer. Suite
à la décision de construire son propre réacteur à eau légère, la technique d'enrichissement de l'uranium a connu des progrès suffisants pour pouvoir fournir le combustible nucléaire nécessaire à l'expérimentation de ce procédé.

"Troisièmement : une tentative de blocus de quelque nature que ce soit par les Etats-Unis et ceux qui les suivent sera considérée comme un acte de guerre et provoquera une réponse militaire décisive. Quelle que soit la dureté des tentatives d'isolement et de blocus formentées par les forces hostiles menées par les Etats-Unis, la République populaire démocratique de Corée, puissance nucléaire fière, ne reculera pas. Selon le mode de réaction basé sur l'idée de Songun
[priorité aux affaires militaires, NdT], la République populaire démocratique de Corée s'opposera de manière décisive aux 'sanctions' par des mesures de rétorsion et à la 'confrontation' par une confrontation totale."


 

Traduction : AAFC, d'après la version anglaise donnée par l'agence Reuters

Version originale coréenne sur le site du journal Choson Sinbo

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Lundi 8 juin 2009

L'agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé le 8 juin que les journalistes américaines Euna Lee et Laura Ling, accusées d'avoir franchi illégalement la frontière sino-coréenne, ont été condamnées à douze ans de travaux forcés à l'issue de cinq jours de procès devant la Cour centrale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ce verdict est sévère mais une négociation en vue de la libération des deux journalistes reste possible, même si les relations entre les Etats-Unis et la RPDC sont au plus mal.


La journaliste américano-coréenne Euna Lee et la journaliste sino-américaine Laura Ling, qui travaillent pour la chaîne de télévision californienne Current TV (fondée et dirigée par l'ancien vice-président américain Al Gore), ont été arrêtées le 17 mars pour avoir pénétré illégalement sur le territoire de la RPDC, un "acte hostile" pour les autorités nord-coréennes.


A l'issue de cinq jours d'un procès ouvert le 4 juin, elles ont chacune été condamnées à douze ans de travaux forcés.


Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est montré "profondément inquiet" des informations sur la condamnation des deux journalistes alors que "tous les canaux possibles" ont été activés pour obtenir leur libération, a indiqué à la presse Bill Burton, porte-parole de la Maison Blanche.

 

Quant au gouvernement français, il a exprimé sa "grave préoccupation" et appelé à la libération immédiate des deux journalistes.


Ce genre d'appel a cependant peu de chance d'être entendu s'il ne dépasse pas le stade des simples incantations et ne s'inscrit pas dans un vrai cadre de négociations.


C'est l'avis du gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson, ancien ambassadeur américain auprès des Nations Unies (1997-1998) et bon connaisseur de la RPDC pour avoir déjà mené des négociations avec ce pays.

Lors d'un entretien accordé à la chaîne américaine NBC, Richardson a estimé qu'un cadre de négociations devait être établi pour obtenir une libération sur des bases humanitaires, avant l'envoi de tout émissaire. Cet émissaire pourrait être Bill Richardson lui-même puisqu'il a indiqué avoir été contacté par l'administration Obama et s'être entretenu avec les familles des deux journalistes.

 

Les négociations porteraient alors sur l'obtention d'"une forme de pardon politique, de suspension des procédures légales", a expliqué Richardson.


Tout en considérant que la condamnation de Laura Ling et Euna Lee était  "plus sévère qu'on ne s'y attendait", il a trouvé des signes encourageants dans le fait que les deux femmes n'ont pas été accusées d'espionnage, contrairement à ce qui était  initialement envisagé. "Les Nord-Coréens semblent séparer cette question des désaccords politiques", a déclaré Bill Richardson. 


Cette dernière remarque du gouverneur du Nouveau-Mexique est importante alors que les relations entre Washington et Pyongyang sont particulièrement tendues après l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a averti le 7 juin que la RPDC pourrait réapparaître sur la liste noire "des Etats soutenant le terrorisme" tenue par les Etats-Unis, après en avoir été ôtée en octobre 2008.


Bill Richardson avait déjà négocié en 1994 la libération d'un pilote de l'armée américaine dont l'hélicoptère avait été abattu par les Nord-Coréens, ainsi que le rapatriement du corps de son copilote. En 1996, il avait encore aidé à la libération d'un Américain arrêté pour espionnage en Corée du Nord après avoir traversé le fleuve Amnok.

 


Sources : AFP, ministère français des Affaires étrangères

 





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Samedi 30 mai 2009

Après l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai, la tension continue de monter dans la péninsule coréenne : alors que le Conseil de sécurité des Nations-Unies pourrait décider de nouvelles sanctions dès la semaine prochaine, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a déjà annoncé qu'elle adopterait alors de nouvelles mesures d'auto-défense.

Dans la guerre des nerfs qui oppose la Corée du Nord et les Etats-Unis, la tension continue de monter. Alors que le Conseil de sécurité des Nations-Unies (CSNU) poursuit ses travaux en vue d'adopter de nouvelles sanctions contre Pyongyang, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, cité par l'agence KCNA, a affirmé que "si le Conseil de sécurité de l'ONU nous provoque, de nouvelles mesures de légitime défense seront inévitables", en précisant qu'un acte hostile du CSNU signifierait la fin de l'accord d'armistice de 1953. Si le contenu de telles mesures d'auto-défense n'a pas été précisé, le Pentagone a relevé, dans des photos prises par satellite, des mouvements de véhicules qui pourraient, selon lui, préparer le lancement d'un missile balistique intercontinental.
Le 29 mai, selon l'agence sud-coréenne Yonhap, la Corée du Nord a procédé à un nouveau tir de missile à courte portée sur la côte Est.

Pyongyang n'est plus partie au Traité de non-prolifération, dont l'article 10 dispose que "c
haque Partie, dans l'exercice de sa souveraineté nationale, aura le droit de se retirer du Traité si elle décide que des événements extraordinaires, en rapport avec l'objet du présent Traité, ont compromis les intérêts suprêmes de son pays." Face à l'attitude menaçante des Etats-Unis, la Corée du Nord estime qu'elle a le droit souverain de se défendre, et qu'une situation exceptionnelle justifie un événement aussi exceptionnel qu'un essai nucléaire - alors que plus de 99 % des essais dans le monde ont été effectués par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Par ailleurs, en rejoignant le dispositif PSI créé par George W. Bush, la Corée du Sud se donne le droit d'arraisonner des navires nord-coréens qu'elle soupçonnerait de contribuer à la prolifération d'armes de destruction massive. Pyongyang ayant réagi très vivement contre ce qui constituerait une attente à sa souveraineté, l'AAFC rappelle que, dans la crise actuelle, ce sont les Américains et les Sud-Coréens qui ont ainsi envisagé des actions contre la Corée du Nord. Pyongyang se situe exclusivement dans une logique d'auto-défense, quelles que soient les déclarations du secrétaire d'Etat américain à la défense Robert Gates quant à une possible attaque nord-coréenne contre les Etats-Unis et leurs alliés, lors d'une conférence sur la sécurité qui s'est tenue à Singapour le 30 mai. 

Pour sa part, la Chine se trouve dans une situation délicate : liée à Pyongyang par un accord de défense et des intérêts économiques évidents (la Chine a investi notamment dans les industries textiles nord-coréennes et le secteur minier), hostile à la présence de troupes américaines à sa frontière dans l'hypothèse d'un effondrement de la RPDC dont rêvent les néo-conservateurs américains, elle n'est pas favorable à ce que la Corée du Nord se dote de l'arme nucléaire, car elle pourra alors être imitée par d'autres Etats, au premier rang desquels le Japon. Sa ferme condamnation du second essai nucléaire nord-coréen rappelle les termes déjà utilisés lors du premier essai de la RPDC, en octobre 2006, après lequel la Chine avait appuyé l'adoption par le CSNU de sanctions contre Pyongyang. 

Si la Chine appelle ainsi à la retenue, certains milieux dirigeants appellent à réviser les relations avec la Corée du Nord, dont le récent essai nucléaire a montré l'indépendance vis-à-vis de Pékin, qui reste néanmoins son principal fournisseur d'énergie. Ces réflexions sont-elles le fruit d'une influence américaine au coeur même de certains milieux dirigeants, à Pékin ? Les puissances occidentales ont intérêt à ce que la Chine isole la Corée du Nord, et une campagne médiatique a été lancée sur l'idée que la Chine devait faire pression sur Pyongyang, par exemple en cessant ses livraisons d'énergie et de produits alimentaires. Pékin a cependant rappelé, lors du récent sommet Union européenne-Chine, qu'on ne pouvait pas faire l'impasse sur ses intérêts propres, en lui demandant de se comporter en auxiliaire des Etats-Unis et de l'Europe, et de défendre ainsi des intérêts qui ne sont pas les siens.

Sources : AAFC, AFP, AP, 
KCNA

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Lundi 25 mai 2009

Le 25 mai 2009, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé avoir procédé "avec succès" à son second essai nucléaire, après son premier essai d'octobre 2006. Cette mesure avait été annoncée par Pyongyang, après les sanctions prises, dans le cadre d'une déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations-Unies, suite au lancement de la fusée Unha-2 le 5 avril dernier.

L'agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé que la République populaire démocratique de Corée avait procédé, plus tôt dans la journée du 25 mai 2009, à un nouvel essai nucléaire souterrain (après son premier essai d'octobre 2006), au titre des mesures prises pour "renforcer notre dissuasion nucléaire à des fins d'auto-défense, dans chaque domaine, comme exigé par nos scientifiques et nos techniciens.
(photo : centrale nucléaire de Yongbyon) La péninsule coréenne est toujours techniquement en état de guerre, en l'absence de traité de paix depuis l'armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée.

Toujours selon KCNA, l'essai a été conduit dans des conditions de sécurité encore plus élevées (qu'en 2006), afin de "résoudre de manière satisfaisante les problèmes scientifiques et technologiques" pour le développement des armes et de la technologie nucléaires.

Dans le cadre de sa confrontation avec les Etats-Unis, après le classement de la Corée du Nord dans les pays de l' "Axe du mal" (bien que Pyongyang ait condamné les attentats du 11 septembre 2001) puis de l'invasion de l'Irak en 2003, la RPDC s'est retirée du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), conformément aux dispositions figurant à l'article 10 du TNP :

"Chaque Partie, dans l'exercice de sa souveraineté nationale, aura le droit de se retirer du Traité si elle décide que des événements extraordinaires, en rapport avec l'objet du présent Traité, ont compromis les intérêts suprêmes de son pays. Elle devra notifier ce retrait à toutes les autres Parties du Traité ainsi qu' au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies avec un préavis de trois mois. Ladite notification devra contenir un exposé des événements extraordinaires que l'État en question considère comme ayant compromis ses intérêts suprêmes."

La décision de Pyongyang était attendue : Pyongyang avait protesté contre la condamnation, par une déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations-Unies (suivi de sanctions contre trois entreprises nord-coréennes), du lancement d'un satellite de communications "à des fins pacifiques", comme l'avait souligné la RPDC. Dans le cadre, la Corée du Nord avait déclaré que les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne n'avaient plus lieu d'être, tout en annonçant la
reprise de ses activités nucléaires.

Sans surprise, les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (qui a réuni d'urgence les membres du gouvernement) ont condamné l'essai nucléaire nord-coréen, alors que la Chine n'avait pas immédiatement réagi. L'ambassadeur russe aux Nations-Unies a annoncé la tenue d'une réunion du Conseil de sécurité. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, selon lequel l'essai avait une puissance de 20 kilotonnes, a appelé à la retenue.

Sources : AAFC,
Xinhua (d'après KCNA), Thomson Reuters.

Nombre d'essais nucléaires effectués dans le monde entre 1945 et 2009

Israël et l'Afrique du Sud auraient effectué un essai en commun en 1979

  (source : Wikipedia - photo : test atomique XX-12 GRABLE effectué le 25 mai 1953 dans le Nevada)

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Jeudi 14 mai 2009

Le 14 mai 2009, l'agence officielle KCNA a annoncé que le procès d'Euna Lee et Laura Ling, deux journalistes américaines arrêtées le 17 mars alors qu'elles auraient franchi la frontière sino-coréenne, s'ouvrirait le 4 juin prochain. Cette annonce intervient dans un contexte de dégradation des relations bilatérales entre Washington et Pyongyang, même si l'administration Obama a déclaré ne pas rejeter le principe d'un dialogue bilatéral.

Le 4 juin 2009 : la date du procès des journalistes américaines Euna Lee (d'origine coréenne) et Laura Ling (photo daylife.com) vient d'être fixée. Les deux femmes, qui travaillent pour la chaîne de télévision Current TV, basée à San Francisco et dont l'un des co-fondateurs et le président est l'ancien vice-président Al Gore, avaient été arrêtées par les garde-frontières nord-coréens. Selon la chaîne américaine, elles enquêtaient en Chine sur les Nord-Coréens passés de l'autre côté de la frontière : dans ce cadre, il n'est pas exceptionnel que des journalistes s'aventurent à passer illégalement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ce que semblent avoir fait Euna Lee et Laura Ling, lesquelles encourent une condamnation pour espionnage. Leur camémaran et leur guide chinois avaient, pour leur part, réussi à s'enfuir. Des démarches avaient été engagées par divers canaux pour la libération des deux journalistes, retenues dans une résidence traditionnellement réservée à l'accueil des visiteurs de marque. 

Ce procès intervient à un moment critique dans les relations bilatérales entre Washington et Pyongyang : si l'administration Obama a déclaré être ouverte à un dialogue direct avec la RPDC en vue d'une reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, Pyongyang a déclaré que ceux-ci n'avaient plus lieu d'être, suite aux
sanctions prises par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, après le lancement de la fusée Unha-2 pour mettre en orbite un satellite de télécommunications. Bien que la Corée du Nord ait toujours recherché un dialogue direct avec Washington, le ton peu diplomatique de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a amené Pyongyang à déclarer que l'administration Obama poursuivait la politique hostile de l'administration George W. Bush.

Une autre affaire, concomitante, concerne un Sud-Coréen de la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, arrêté sous le chef d'accusation de critiques du régime nord-coréen : sa situation est au coeur des demandes formulées par le gouvernement sud-coréens lors de la
rencontre intercoréenne qui a eu lieu à Kaesong et qui s'est soldée sans résultats après 20 minutes d'échanges. Pour sa part, lors de cette réunion, la Corée du Nord a demandé une augmentation des salaires des ouvriers nord-coréens et une révision des contrats locatifs (en avançant la date du paiement des loyers, initialement fixée à compter de 2014). Alors que la première réunion s'était tenue à l'initiative de la Corée du Nord, la Corée du Sud a demandé une nouvelle réunion, refusée par Pyongyang en l'absence d'éléments nouveaux de négociations - les entrepreneurs sud-coréens à Kaesong ayant fait savoir qu'ils n'accepteraient qu'une hausse limitée des salaires des ouvriers nord-coréens, au maximum de 5 %. 

Sources : AAFC,
bloomberg.com

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Dimanche 26 avril 2009

Le 25 avril 2009, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a déclaré que Pyongyang reprenait ses activités nucléaires militaires. Une réaction conforme à ce qu'avait annoncé la RPDC, quelques heures après que le Conseil de sécurité des Nations-Unies a pris des sanctions contre trois entreprises nord-coréennes. Mais à qui profite la crise dans la péninsule coréenne ?

"Le retraitement du combustible nucléaire depuis la centrale nucléaire pilote [de Yongbyon] a commencé, comme annoncé dans la déclaration du ministère des affaires étrangères en  date du 14 avril", a fait savoir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans des propos cités par l'agence officielle nord-coréenne KCNA, le 25 avril. Cette annonce est intervenue quelques heures après que le comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations-Unis a imposé des sanctions contre trois entreprises nord-coréennes (parmi lesquelles une banque) dont les activités auraient permis le lancement de la fusée Unha-2 le 5 avril.

 

Prises sur la base de la résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les nouvelles sanctions contre la Corée du Nord donnent la vraie portée de la déclaration de la présidence du Conseil de sécurité des Nations-Unies, ayant reçu le soutien unanime des 15 membres de cette instance, le 13 avril : présenté comme "non contraignant", ce texte avait bien comme but d'imposer des mesures coercitives contre la RPDC, au lendemain du lancement par la Corée du Nord du satellite de télécommunications Kwangmyonsong-2, présenté par les Américains contre un tir de missile déguisé. Pourtant, les Etats-Unis, parrains de la déclaration du 13 avril, savent pertinemment qu'il s'agissait du lancement d'un satellite (ainsi que l'avait déclaré le 9 mars M. Dennis Blair, chef des services de renseignements américain à la commission des affaires étrangères du Sénat), mais ont dû changer d'argumentaire face à la réaffirmation par la Chine et la Russie que tout pays à le droit d'avoir accès à la conquête spatiale :  le lancement d'un missile, comme d'un satellite, utilisant des techniques balistiques, le gouvernement américain a cherché à imposer l'idée que la Corée du Nord visait avant tout à tester ses missiles, tout en laissant certains médias déclarer qu'il pourrait bien n'y avoir eu aucun lancement de satellite... Par ailleurs, la trajectoire - filmée - de la fusée montre qu'il s'agissait de la mise en orbite d'un satellite de communications.

Selon les experts occidentaux, la remise en fonctionnement du réacteur de Yongbyon pourrait prendre mois de trois mois.

La réaction de la République populaire démocratique de Corée était prévisible et annoncée, comme l'avait rappelé Son Excellence (SE) Son Musin, délégué général de la RPDC en France, dans un
entretien à l'AAFC : en cas de sanctions après le lancement pacifique de son satellite de communications, la Corée du Nord ne se considèrerait plus liée par ses engagements internationaux, notamment les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, et elle se doterait à nouveau d'une force nucléaire de dissuasion. Pour Pyongyang, qui a le souvenir de l'attaque américaine contre l'Irak en 2003 sur la base de la prétendue possession par Bagdad d'armes de destruction massive, la sécurité est une priorité absolue, en l'absence d'accord de paix dans la péninsule coréenne depuis l'armistice de juillet 1953. La Corée du Nord ne peut renconcer à ses armes nucléaires qu'en cas de garanties sérieuses de sécurité, mais Washington n'a - en tout cas publiquement - mis aucun offre sérieuse sur la table des négociations.

Si,
en septembre 2008, l'annonce - déjà - par Pyongyang de la reprise de ses activités nucléaires avait finalement conduit au respect de l'engagement américain de son retrait de la liste des Etats soutenant le terrorisme, l'administration Bush - contrairement à l'administration Obama - n'avait pas pris le risque de mettre en danger les pourparlers à six.

Les propos musclés de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton - dont les néoconservateurs s'étaient rejoui de la nomination à ce poste, de préférence à Bill Richardson - qui dit ne pas vouloir céder au "chantage" des Nord-Coréens, indiquent que les Américains sont dans une démarche de marchandage. Ils augmentent leur prix d'un éventuel accord à venir, en créant de nouveaux sujets de contentieux avec Pyongyang :

 - par la campagne médiatique orchestrée sur le thème d'un essai balistique raté (il serait toujours temps, le moment venu, de déclarer qu'il s'agissait d'un lancement de satellite...
comme naguère à propos du programme d'enrichissement supposé à base d'uranium, dont les preuves n'ont jamais été apportées, mais qui avait motivé le retrait de la Corée du Nord de l'AIEA) ;
- par la multiplication des sanctions contre Pyongyang (Washington visait onze entreprises nord-coréennes et les Japonais, toujours en position de surenchère, quatorze) : les Etats-Unis entendent manifestement 
mettre économiquement à genoux la RPDC ;  
- en réaffirmant que la Corée du Nord n'est pas une puissance nucléaire, prenant ainsi le contrepied des déclarations du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique qui cherchait à réouvrir un dialogue avec Pyongyang ;  
- en utilisant la carte du multilatéralisme : Washington affirme bruyamment travailler en coopération l'ensemble de la communauté internationale.

Car si les Etats-Unis entendent bien aujourd'hui profiter de la crise, serait-ce au prix de nouveaux sacrifices pour les populations nord-coréennes, la Russie, et surtout la Chine, apparaissent aujourd'hui comme les premières victimes collatérales de l'affrontement américano - nord-coréen, dont elles ne maîtrisent pas l'évolution. Leurs efforts pour ressusciter les pourparlers à six ont jusqu'ici échoué, alors qu'ils sont un des atouts de la diplomatie chinoise pour apparaître comme une puissance internationale responsable. Ayant privilégié d'autres terrains diplomatiques que la péninsule coréenne dans la période récente, la Chine a sous-estimé les réactions de Pyongyang, en veillant à maintenir de bonnes relations avec les Etats-Unis. Quant à la récente visite du ministre russe des Affaires étrangères à Pyongyang, ce dernier a tendu à être instrumentalisé par les Etats-Unis, quand Hillary Clinton déclare à la presse donner à la Russie et à la Chine le rôle de négocier avec la RPDC la reprise des pourparlers à six au sens du "consensus" de la communauté internationale... alors que Pyongyang cherche l'engagement de pourparlers directs avec les Etats-Unis, à un niveau au moins gouvernemental. (Sources : AAFC,
AFP, Reuters).

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Lundi 9 mars 2009

Le lundi 9 mars 2009, les armées américaine et sud-coréenne ont entamé leurs exercices annuels conjoints, baptisés Key Resolve et Foal Eagle, prévus pour durer jusqu'au 20 mars. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fermement condamné ces exercices qu’elle considère comme un prélude à l’invasion de son territoire. Il est vrai que le maintien de telles manoeuvres ne marque pas la rupture espérée avec la politique de l'administration américaine précédente dans la péninsule coréenne.

Cette année, les exercices Key Resolve et Foal Eagle mobilisent 26.000 soldats américains aux côtés de 30.000 soldats sud-coréens. Sur ces 26.000 soldats, 12.000 appartiennent au contingent américain stationné en Corée du Sud (28 500 soldats), alors que les 14.000 autres viennent de l’étranger. Le porte-avions à propulsion nucléaire John Stennis, son groupe de soutien, et plusieurs navires de la marine américaine dotés du système anti-aérien Aegis participent aux manœuvres. Le commandement des forces américano-sud-coréennes "
a informé la Corée du Nord de la durée de l’exercice [qui s’achèvera le 20 mars 2009], de son caractère défensif et de sa mission : améliorer la préparation au combat des troupes." En même temps, Séoul a souligné que ces exercices militaires "interviennent alors que des préparatifs sont en cours pour le lancement d’un missile balistique par la Corée du Nord."

La République populaire démocratique de Corée a qualifié ces manœuvres militaires américano-sud-coréennes de "
préparatifs déguisés d’une agression". L’agence officielle de presse nord-coréenne KCNA a aussi diffusé un communiqué de l’état-major général de l’Armée populaire de Corée avertissant les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon que toute tentative d’empêcher le lancement d’un satellite fera l’objet d’une riposte immédiate. "Nous répliquerons immédiatement, en utilisant les armes les plus puissantes, à toute tentative d’intercepter notre satellite destiné à un usage pacifique", dit le communiqué. "L’ouverture du feu sur notre satellite pacifique sera certainement considéré comme un acte de guerre." La RPDC a mis son armée en état d’alerte pendant toute la durée des manœuvres américano-sud-coréennes et ne garantit plus la sécurité des avions qui survoleront son territoire, alors que les avions militaires américains et sud-coréens ont violé au moins 180 fois l'espace aérien nord-coréen sur le seul mois de février.

La RPDC avait encore protesté auprès de l’armée américaine contre l’organisation des exercices Key Resolve/Foal Eagle lors de deux réunions tenues, à la demande de la partie nord-coréenne, les 2 et 6 mars 2009 au niveau des officiers généraux avec le commandement des Nations Unies - dirigé par les Etats-Unis - à Panmunjom, au cœur de la zone démilitarisée séparant les deux Corée.


Selon l’agence nord-coréenne KCNA, le chef de la délégation de l’Armée populaire de Corée, le major-général Kwak Chol-hui, a dès le 2 mars exposé la nature agressive et dangereuse des manœuvres Key Resolve et Foal Eagle, en rappelant le renforcement militaire et les exercices déjà menés par l’armée américaine dans la région.


Pour la RPDC, ces exercices militaires conjoints sont d’autant plus dangereux qu’ils coïncident avec une série de remarques belliqueuses faites par les forces conservatrices américaines et sud-coréennes au sujet du prochain lancement d’un satellite par la RPDC. Le major-général Kwak a donc vivement exhorté les forces américaines à annuler immédiatement leurs plans de manœuvres visant à une guerre d'agression.


"
Les bruits de bottes que veulent faire entendre les forces des Etats-Unis en mobilisant massivement des troupes et des matériels de guerre modernes, comme elles l'ont fait dans le passé, prouvent que les promesses de chercher à négocier un accord dans la péninsule coréenne, faites par la nouvelle administration américaine, ne sont rien d’autre que de la rhétorique flamboyante", poursuit l’agence KCNA rapportant les propos du chef de la délégation nord-coréenne. "L’acceptation ou le refus par les forces des Etats-Unis de la demande formulée par la RPDC d’un arrêt des exercices conjoints à grande échelle servira de baromètre indiquant si la nouvelle administration américaine est prête à suivre les pas de l'administration précédente qui menait une politique hostile à l'égard de la RPDC."


Au cours de la réunion du 6 mars, la délégation emmenée par les Etats-Unis s'est contentée de justifier les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes et a une nouvelle fois accusé la RPDC de préparer le lancement d'un missile à longue portée et non d'un satellite civil. La délégation nord-coréenne a quant à elle réaffirmé le droit souverain de la RPDC à conduire un programme spatial à des fins pacifiques et à renforcer sa propre défense face à l'accroissement des forces militaires américaines dans la région, en mer de l'Est notamment.



Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne ne peut que regretter l'organisation des exercices conjoints Key Resolve/Foal Eagle. Alors que l'annulation de ces manoeuvres militaires auraient constitué un signal fort, propre à diminuer les tensions et à vraiment marquer l'ouverture d'une nouvelle ère de dialogue dans la péninsule coréenne, ces exercices sont plus longs que ceux organisés en mars 2008 sous l'administration Bush – 11 jours contre 5. Au-delà des discours et des tournées diplomatiques, l'administration Obama semble donc vouloir continuer à "mettre la pression" sur la RPDC, une tactique digne du très moyennageux John Bolton, le "Monsieur Anti-Corée du Nord" des cercles néo-conservateurs US qui veut asphyxier la République populaire démocratique de Corée pour la pousser à la reddition. Première occasion manquée en Corée pour l'administration Obama. (sources : AAFC, ITAR-TASS, KCNA)

Manifestation le 9 mars 2009 à Seongnam, au sud-est de Séoul,
contre les manoeuvres américano-sud-coréennes Key Resolve/Foal Eagle (photo : Reuters)

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Samedi 21 février 2009

Arrivée à Séoul le 20 février 2009, la nouvelle secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a donné de premières indications sur la politique de la nouvelle administration Obama vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Si la plupart des médias ont interprété les déclarations de Hillary Clinton comme conjuguant fermeté et dialogue, la réaction belliciste de Séoul montre que le gouvernement Lee Myung-bak ne s'y trompe pas : Washington n'a pas mis de propositions nouvelles sur la table des négociations. 


La tournée en Asie de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Rodham Clinton, qui a conduit des entretiens e à Séoul le 20 février 2009, a-t-elle permis de clarifier la position de la nouvelle administration Obama vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ? Rien n'est moins sûr, car si, d'une part, la politique de confrontation de George W. Bush a conduit à un résultat inverse à celui espéré par les Etats-Unis (comme l'avait déclaré Mme Clinton avant son départ, "le résultat est que [la Corée du Nord] a des armes nucléaires qu'elle n'avait pas avant"), rien n'indique, d'autre part, que Washington soit prêt à une initiative pour relancer les négociations à six sur le nucléaire nord-coréen. En effet, l'annonce d'une possible normalisation des relations diplomatiques entre Washington et Pyongyang ne constitue en rien un élément nouveau, puisque cette question avait déjà été liée à celle de la dénucléarisation de la péninsule coréenne lors de la conclusion de l'accord de Pékin, le 13 février 2007.

Washington dispose pourtant de nombreuses cartes dans son jeu pour relancer le processus de négociations : procéder enfin à l'intégralité des livraisons de pétrole prévues dans la première phase de la mise en oeuvre de l'accord de Pékin, en contrepartie de la suspension par Pyongyang de ses activités nucléaires ; apporter des contreparties économiques et de sécurité substantielles, en levant le plus vieil embargo au monde ou en répondant à la proposition, contenue dans l'accord intercoréen du 4 octobre 2007, d'un régime de paix permanent qui se substituerait à l'armistice actuel.
 

En fustigeant la Corée du Nord qui, selon elle, "insulte le Sud" et "refuse le dialogue", Hillary Clinton omet par ailleurs quelques données élémentaires :
- entré en fonctions en février 2008, le président sud-coréen Lee Myung-bak a lui-même refusé d'honorer les accords intercoréens du
15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, discréditant la parole de Séoul ;
- c'est le Sud qui a pris la première initiative dans la rupture des projets intercoréens, en utilisant l'émotion légitime suscitée par la mort d'une touriste pour suspendre sine die les
échanges touristiques dans les monts Kumgang ;
- enfin, les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, prévus en mars, sont le plus mauvais signal qui puisse être donné à une proposition américaine de "dialogue".

Par ailleurs, faut-il rapprocher la nomination de Stephen Bosworth, ancien ambassadeur en Corée du Sud, comme nouveau négociateur américain dans les pourparlers à six, de l'enhardissement du régime Lee Myung-bak dans sa critique de la Corée du Nord ? En effet,
Séoul a annoncé une possible attaque sur la Corée du Nord, qui pourrait alors frapper les "sites de lancement de missiles", en cas d'accrochages dans la zone maritime disputée entre les deux Corée, comme il en est survenu en 1999 et 2002, après l'annonce par Pyongyang qu'il était mis fin à tous les accords politiques et militaires intercoréens.

Dans ce contexte, la mise en garde de Mme Clinton contre un "tir de missile" nord-coréen méconnaît le droit à la légitime défense dont dispose tout Etat souverain dans le droit international. Au surplus, Pyongyang a rappelé qu'il pouvait opérer des lancements de satellites, suivant l'interprétation déjà donnée par la RPDC, en 1998, de ce qui avait alors été décrit par Washington comme un tir de missile. (Sources : Le Monde, Les Echos)

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Vendredi 26 décembre 2008

Opérationnelle depuis 2004, la zone industrielle de Kaesong, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est un des symboles du rapprochement intercoréen. Mais son extension se heurte à l’opposition des Etats-Unis qui, à plusieurs reprises, ont voulu en freiner le développement, posant ainsi la question des intentions réelles de l’administration Bush au-delà de ses discours en faveur du dialogue intercoréen et des réformes économiques en RPDC.

 

Comme la délégation de l’AAFC avait pu le constater lors de sa visite sur place en septembre 2008 (photo ci-dessus : l'usine de confection ShinWon, 12 septembre 2008), le développement de la zone industrielle de Kaesong constitue l’un des principaux résultats de la coopération intercoréenne. Sa création figurait dans la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000.

 


Dans l’ancienne capitale du royaume de Koryo (918-1392), située au nord de la zone démilitarisée, des entreprises sud-coréennes emploient déjà plus de 30.000 travailleurs nord-coréens. A terme, il est envisagé que 700.000 Nord-Coréens et 100.000 Sud-Coréens travaillent ensemble dans les 1.000 entreprises que comptera alors la zone économique spéciale (ZES) de Kaesong.

 

Le gouvernement américain de George W. Bush, qui avait officiellement salué la déclaration du 15 juin 2000 et encouragé la RPDC à s’engager sur la voie des réformes économiques, aurait dû logiquement favoriser le développement de la ZES de Kaesong. De fait, alors même qu’il s’agit d’un projet intercoréen dont le développement devrait relever des seules décisions des Coréens eux-mêmes, la politique de Washington n’a pas été favorable à l’essor de la ZES de Kaesong.

 

Tout d’abord, le rétablissement des liaisons terrestres et ferroviaires entre le Sud et le Nord de la Corée nécessitait un déminage partiel de la zone démilitarisée. Une intervention personnelle de l’ancien président sud-coréen Kim Dae-jung auprès du président George W. Bush a été nécessaire pour que ce dernier consente, le 12 septembre 2004, que soient engagés ces travaux de déminage.

 

Washington a ensuite manifesté son opposition de fait au développement de la ZES de Kaesong, en refusant que parmi les produits fabriqués dans cette ville figurent des produits jugés sensibles, soumis à un embargo vers la RPDC. En outre, les produits manufacturés fabriqués à Kaesong ont été exclus du champ de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud. Le principe même des communications téléphoniques a fait l’objet d’une intervention du Département du commerce américain, lequel n’a autorisé que le 16 novembre 2005 la compagnie sud-coréenne KoreanTelecom Corporation (KT Corp.) à établir une liaison téléphonique entre Kaesong et Séoul, depuis la fin de l’année 2005.

 

L’argument des droits de l’homme a également été utilisé par l’administration américaine : au premier trimestre 2006, Jay Lefkowitz, un néoconservateur qui avait été désigné par George W. Bush comme le représentant officiel de Washington pour les droits de l’homme en Corée du Nord, a vivement critiqué les conditions de travail des ouvriers nord-coréens à Kaesong. L’action de Jay Lefkowitz s’inscrit ouvertement dans une perspective de changement de régime en RPDC : comme pour Cuba, le Congrès américain finance, à hauteur de 24 millions d’euros, des organisations prétendument « non » gouvernementales, des conférences internationales et des émissions de propagande radiophonique anti-Pyongyang.


Résumant la position de son gouvernement, dans une conférence publique tenue le 25 octobre 2004, Christopher Hill, alors ambassadeur américain à Séoul, avait défendu l’idée que la zone industrielle de Kaesong ne modifierait pas radicalement l’économie nord-coréenne. Prenant acte des positions constantes de Washington pour décourager le développement de la ZES de Kaesong, en septembre 2005, le président sud-coréen Roh Moo-hyun avait dénoncé, à la tribune des Nations-Unies, les « tendances impérialistes » de son allié américain. 

 

Comment en effet comprendre la contradiction, soulevée par John Feffer dans un article de « Yaleglobal » du 8 juin 2006 intitulé « Time to lift North Korea’s Quarantine : financial sanctions only exacerbate the nation’s behaviour », entre la position de principe des Etats-Unis en faveur de l’économie de marché, et leurs entraves au développement d’un système économique mixte à Kaesong ?

 

On pourrait considérer que l’idée même d’une économie mixte n’est pas acceptable aux partisans d’une économie de marché… ou plutôt souligner, à l’instar de John Feffer, que les Etats-Unis ont une position constante tendant à affaiblir l’économie nord-coréenne, en maintenant le plus vieil embargo au monde, ainsi que les restrictions aux échanges commerciaux et financiers à destination et en provenance de la RPDC.

 

L’AAFC observe que, pas plus que les droits de l’homme, l’économie de marché n’a constitué un principe fondateur de la diplomatie américaine. En fonction de ses intérêts, Washington n’a pas hésité à coopérer avec des Etats ayant un système économique et politique différent du sien, ni à violer ouvertement les droits de l’homme, hier en enfermant dans des camps d’internement ses citoyens d’origine japonaise après la capitulation de l’empire nippon en 1945, aujourd’hui en recourant à la torture sur la base de Guantanamo.

 

En décourageant la coopération économique intercoréenne, les Etats-Unis retardent une réunification de la Corée qui pourrait s’affirmer comme une nouvelle puissance mondiale, et poserait également la question du maintien des troupes américaines en Corée. Enfin, la critique et l’affaiblissement systématiques de la RPDC, quelles que soient les voies contradictoires qu’elle puisse emprunter, répondent aux aspirations anticommunistes de larges franges de l’électorat républicain. (Source : Claude Helper, Corée : réunification. Mission impossible ?, L’Harmattan, 2008).

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Samedi 20 décembre 2008

Le vendredi 19 décembre 2008, les derniers soldats sud-coréens qui étaient déployés en Irak sont arrivés à l'aéroport militaire de Seongnam, près de Séoul, marquant ainsi l'accomplissement de leurs mission à l'issue d'un engagement sans faille de Séoul aux côtés des troupes américaines.


De même que la Corée du Sud avait été un des principaux alliés des Etats-Unis au Vietnam, Séoul avait déployé l'un des plus importants contingents militaires aux côtés des troupes américaines en Irak en suscitant, près d'un demi-siècle après la guerre du Vietnam, un mouvement analogue de rejet au sein de l'opinion publique sud-coréenne (ci-contre, manifestation devant le siège du parti Uri, alors au pouvoir, le 23 juin 2004, photo AP/Yonhap, le jour même où le corps décapité d'un otage cvil sud-coréen, Kim Sun-il, était retrouvé par des soldats américains sur la route entre Bagdad et Fallujah).


En 2004, le contingent sud-coréen en Irak a atteint le chiffre maximum de 3.600 soldats, ce qui en a fait a troisième force la plus importante de la coalition, après celle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Mais face à l'opposition constante de l'opinion publique, les effectifs militaires sud-coréens ont été progressivement abaissés (2.300 hommes en février 2007, 1.200 hommes en octobre 2007).


Le débarquement à l'aéroport de Seongnam, le vendredi 19 décembre 2008, des dernières troupes - plusieurs centaines d'hommes - qui étaient encore déployées par Séoul dans le Kurdistan irakien, marque la fin de la mission militaire de Séoul aux côtés de Washington. Le gouvernement irakien ayant demandé que le mandat de l'ONU, qui expire le 31 décembre 2008, ne soit pas renouvelé, seule une minorité des Etats présents en Irak devraient maintenir des troupes dans le pays, suivant des négociations bilatérales avec le gouvernement de Bagdad. (Source principale : Reuters)

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Samedi 6 décembre 2008

Les négociations bilatérales en cours cette semaine, entre les représentants des Etats parties aux pourparlers multilatéraux sur le nucléaire nord-coréen, en vue d'une nouvelle session de discussions à Pékin, laquelle pourrait s'ouvrir dès le lundi 8 décembre 2008. Une incertitude demeure cependant sur la liste des participants, Pyongyang considérant que, par son attitude, le Japon s'est exclu de lui-même de la table des négociations.

Après la rencontre entre les négociateurs américain, Chistopher Hill, et nord-coréen, Kim Kye-gwan, sur le dossier nucléaire nord-coréen à Singapour, les 4 et 5 décembre, Christopher Hill doit se rendre à Séoul en cette fin de semaine et rencontrer également son homologue russe. L'objectif est de lever les différences d'interprétation entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur un
accord bilatéral conclu en octobre, en application duquel la RPDC a été retirée de la liste des Etats soutenant le terrorisme.

 

La demande américaine que des inspecteurs internationaux prélèvent des échantillons sur le site nucléaire coréen de Yongbyon, à des fins de vérification, a été considérée par la RPDC comme dépassant le cadre de l'accord bilatéral d'octobre. Pyongyang n'a ainsi pas donné suite. Les pourparlers américano - nord-coréens avaient ainsi pour objectif de réduire les divergences d'interprétation, en vue de relancer les pourparlers multilatéraux (les deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) à Pékin, pour la mise en oeuvre de l'accord conclu dans la capitale chinoise le 13 février 2007 qui doit conduire à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Pékin devait toutefois encore confirmer la date du lundi 8 décembre pour l'ouverture d'une nouvelle session de négociations.

Les principaux points d'achoppement sont, d'une part, la livraison d'énergie à la RPDC promise par les autres parties à l'accord en contrepartie de la désactivation du réacteur de Yongbyon, et, d'autre part, selon les termes de Christopher Hill, la "procédure scientifique" sur la mise en oeuvre du processus de cessation des activités nucléaires militaires par la RPDC, ainsi que la confirmation des documents remis par la RPDC sur son programme nucléaire.

Dans ce cadre, le refus du Japon d'honorer ses engagements de livraison d'énergie a amené un porte-parole du ministère des affaires étrangères de RPDC à déclarer, le samedi 6 décembre, que Pyongyang ne considérait plus Tokyo comme partie aux négociations. Les pourparlers ne seront-ils conduits qu'à cinq, ou bien l'accord de l'Australie de procéder aux livraisons d'énergie en lieu et place du Japon annonce-t-elle son intention d'entrer dans le groupe des Etats parties à la négociation, après que
l'Union européenne, présidée par la France du président Nicolas Sarkozy, a raté une nouvelle occasion de s'affirmer comme puissance internationale ?

 

Suite à l'élection du démocrate Barack Obama à Washington, l'administration sortante du président George W. Bush semble manifestement rechercher un succès diplomatique, après avoir choisi la voie de la confrontation plutôt que de la négociation pendant cinq ans, de février 2002 à février 2007. Ironie de l'histoire, la prochaine secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, devrait reprendre les négociations avec la RPDC dans des conditions proches de celles atteintes à la fin du second mandat de William Clinton, en 2000, mais entretemps la RPDC aura procédé, en octobre 2006, à son premier essai nucléaire. (Sources : AFP, Gulf Times, Ria Novosti)

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Mercredi 5 novembre 2008

Selon les enquêtes d'opinion conduites dans un ensemble de pays, l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, le mardi 4 novembre 2008, était souhaitée par l'écrasante majorité des opinions publiques du reste du monde, dans l'espoir notamment de relations moins conflictuelles avec l'hyper-puissance américaine. Dans l'attente des décisions que prendra la nouvelle administration démocrate, l'Association d'amitié franco-coréenne a souhaité rappeler les enjeux diplomatiques de la présidence américaine pour la péninsule coréenne.

L'élection de Barack Obama marquera-t-elle une rupture avec la diplomatie de George W. Bush en Corée ? Pour répondre à cette question, encore faut-il pouvoir identifier une ligne diplomatique claire de Washington vis-à-vis, notamment, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pendant les huit années de la présidence Bush. Or l'administration américaine sortante a opéré une volte-face en 2007.

Rappel historique : entre 2000 et 2007, 7 ans de perdus dans les négociations américano - nord-coréennes

En octobre 2000, à la fin de la présidence de William Clinton, la visite à Pyongyang de la secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright semblait alors ouvrir la voie à l'établissement prochain de relations diplomatiques entre les Etats-Unis d'Amérique et la RPDC, sur la base du dialogue. Mais l'élection de George W. Bush quelques semaines plus tard avait mis fin aux espoirs d'une solution négociée en Corée, qui aurait également comporté l'établissement d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice qui perdure depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, ainsi que des garanties économiques et de sécurité pour Pyongyang en contrepartie de son renoncement à l'arme nucléaire.

Les attentats du 11 septembre 2001 avaient en effet conduit George W. Bush à classer la RPDC parmi les pays de "l'axe du mal" et à choisir la voie de la confrontation avec Pyongyang. L'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006 avait signé la faillite de cette politique d'affrontement : l'accord multilatéral sur la dénucléarisation de la RPDC, conclu à Pékin le 13 février 2007, marquait le retour à la négociation, dans un volte-face surprenant d'une administration Bush en fin de mandat, à la recherche d'un succès diplomatique qui aurait fait oublier les échecs diplomatiques en Irak et au Proche-Orient.

Compte tenu de ces éléments, l'enjeu de l'élection présidentielle américaine de novembre 2008 pour la RPDC était d'abord de savoir si Washington poursuivrait, ou non, le dialogue avec Pyongyang. S'appuyant sur les franges les plus conservatrices du Parti républicain, John McCain avait vivement critiqué le régime de la RPDC et dénoncé le changement de cap de l'administration Bush, alors qu'au contraire Barack Obama avait salué le
retrait récent de Pyongyang de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme comme un pas nécessaire dans la résolution du contentieux nucléaire américano - nord-coréen. La nouvelle administration démocrate devrait  toutefois s'intéresser également à d'autres thèmes que les armes nucléaires, comme les droits de l'homme.

En tout état de cause, les déclarations du nouveau chef de l'Etat américain, prêt à rencontrer les dirigeants d'Etats que George W. Bush avait pour sa part qualifiés de "voyous", laisse à penser que les négociations se poursuivront entre Washington et Pyongyang, jusqu'au
probable établissement, à terme, de relations diplomatiques. Avant cette étape, il peut être envisagé l'ouverture d'une représentation diplomatique américaine à Pyongyang, dont la forme (un bureau de liaison ? une délégation générale ?) dépendra des progrès du dialogue bilatéral.

Une nouvelle administration démocrate, moins perméable aux manipulations orchestrées par les néoconservateurs

Un autre élément encourageant pour les partisans du dialogue est le parcours et l'entourage du nouveau vice-président, Joe Biden, président de la commission des affaires étrangères du Sénat. Frank Jannuzzi, ancien collaborateur de Joe Biden, devrait ainsi remplacer Christopher Hill dans les négociations avec Pyongyang.

L'arrivée de nouveaux responsables connaissant le dossier nord-coréen, et non soumis aux pressions des néoconservateurs hostiles à toute négociation avec Pyongyang, rend moins faciles de nouvelles manipulations de l'opinion publique sur la RPDC.

En février 2007, l'audition par le Congrès américain du responsable des renseignements américains en Corée du Nord, M. Joseph deTrani, avait ainsi mis en doute l'existence d'un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium par Pyongyang, comme l'en avait accusée Washington, et qui avait été à l'origine du retrait de la RPDC de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). David Albright, président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI) et ancien inspecteur de l'ONU, avait alors fait la comparaison avec les informations des services de renseignements américains sur l'Irak, à la veille du conflit, selon lesquelles l'Irak détenait des armes de destruction massives. 

D'autres manipulations des médias s'agissant de la Corée du Nord et s'appuyant sur les services américains, par exemple en ce qui concerne les
accusations de fabrication de fausse monnaie,  ont également été démontées par des journalistes indépendants.

Séoul-Washington : poursuite de la politique de ratification de l'accord de libre-échange

S'agissant de la Corée du Sud, la nouvelle administration démocrate n'a jamais envisagé le retrait des quelque 30.000 soldats américains, ni une remise une cause des liens militaires privilégiés noués, dans ce cadre, entre Séoul et Washington.

En revanche, une plus grande ouverture est attendue pour la
ratification de l'accord de libre-échange entre les deux pays, en prenant en compte l'importance des manifestations en Corée contre la reprise des importations de boeuf américain, malgré les risques sanitaires liés à la crise de la "vache folle". Mais Barack Obama reste fondamentalement un partisan du libre -échange, favorable à la ratification de l'accord entre Washington et Séoul par le Congrès américain.

Conclusion : une administration américaine plus prévisible ?

C'est au pied du mur qu'on reconnaît le maçon. L'hypothèque McCain ayant été levée, il reste maintenant à Barack Obama et à son équipe de savoir s'ils veulent, ou non, accélérer le processus de réintégration de la RPDC sur la scène internationale, alors que les républicains restaient soumis à la pression des néoconservateurs hostiles à toute solution négociée. Ce sont en effet les tensions internes au camp républicain qui peuvent expliquer les
fréquents changements de cap de George W. Bush, y compris dans la phase de négociations ouverte par l'accord de Pékin du 13 février 2007. (Sources : AAFC, Korea Times)

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Dimanche 19 octobre 2008

Selon Donald Gregg, conseiller diplomatique du candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine, Barack Obama serait favorable à l'établissement de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dans l'attente du verdict des urnes, cette annonce traduit l'importance des enjeux de la présidentielle américaine pour la péninsule coréenne.

Barack Obama
est non seulement partisan du dialogue avec Pyongyang, mais il serait également favorable à l'établissement de relations diplomatiques avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée) : si le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine ne s'est pas avancé publiquement en des termes aussi précis, c'est du moins l'opinion exprimée par son conseiller diplomatique, Donald Gregg, ancien ambassadeur des Etats-Unis en République de Corée (Corée du Sud) de 1989 à 1993, dans le cadre d'un forum sur la paix qui s'est tenue dans la péninsule coréenne.

De fait, alors que l'administration américaine sortante vient d'approuver un
accord bilatéral tendant à relancer le processus de dénucléarisation de la RPD de Corée, le résultat des élections présidentielles américaines sera lourd de conséquences pour la Corée :


  • s'agissant des relations avec la RPD de Corée, contrairement aux démocrates partisans du dialogue avec Pyongyang, le républicain John McCain a qualifié la RPDC de "pire régime sur terre" et fustigé les accords américano - nord-coréens comme autant de signes de faiblesses de Washington ; son équipe de campagne, dans un de ces raccourcis douteux qu'elle semble affectionner, avait par ailleurs comparé l'épouse de son adversaire démocrate à une "Kim Jong-il en jupons", eu égard à ses  opinions politiques supposées ;


  • avec la Corée du Sud, si les deux principaux candidats à l'élection présidentielle américaines sont favorables à la ratification de l'accord de libre-échange bilatéral signé en juin 2007, Barack Obama souhaite régler préalablement les différends sur le commerce automobile et la reprise des importations de boeuf américain, lesquels ont donné lieu à des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes. (sources : AAFC, KBS World Radio)

 

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